Voodoo Men, journal de bord, épisode 2/8

Les préparatifs de l’enregistrement (de Juin à Octobre 2013)

Et oui après tout, pourquoi ne pas avoir loué les services d’un studio comme la dernière fois ?

Bonne question … nous avions adoré travailler chez Yannick (YacProd à Pruniers -36) pour notre premier album … mais là nous voulions essayer de le réaliser par nous-mêmes, en prenant notamment du temps, pour l’enregistrement, terminer les compositions, et aussi en incluant certaines « coquetteries » musicales, effets, au mixage.

Car louer un studio demande un certain budget. Je suis passionné de son, et j’ai pu acquérir avec le temps 2 cartes d’acquisition Presonus Firepod de bonne facture, et l’incroyable logiciel Studio One Pro 2, le tout sur un PC fait maison, bref, un petit home studio 16 pistes amateur sympa …

Pourquoi « l’incroyable Studio One Pro » ? Et bien parce que franchement on en a pour son argent, moins cher qu’un Protools, plus facile d’utilisation pour un musicien, et largement suffisant même pour des projets assez ambitieux. Naviguez sur le net, vous verrez que les testeurs ne tarissent pas d’éloges sur ce logiciel !

Nous avons alors décidé de tenter le pari d’enregistrer nous-mêmes … quitte à confier le mixage / mastering final à un vrai studio en cas d’échec sur ces parties là. Nous avons cependant du acheter un petit peu d’équipement, câbles ou autres, mais surtout en micro.

DSC_0038Pour le micro chant, j’ai opté pour le surprenant micro Spark fabriqué par Blue : pour 200 € environ, le son est incroyablement précis, chaleureux, et convient parfaitement à la voix de Momone !

Ne cherchez pas un meilleur rapport qualité / prix, c’est un must qui vaut largement des références bien plus chères !

Par contre, pour les voix puissantes, comme celle de Momone justement, il est nécessaire de disposer un filtre  supplémentaire devant celui fourni par Blue (très joli, mais pas très efficace).

Pour la batterie, des AKG D40 sur la caisse claire et les toms, des micros Apex 435 large bande en overhead, des micros over-heads AKG C430 pour la ride et le charley, et le célèbre AKG D112 pour la grosse caisse. Un SM57 sur la caisse claire aurait peut être été plus adapté, car plus directif qu’un D40.

Concernant les micros Apex 435, je les utilisais pour les prises de son voix ou instruments acoustiques, et je les ai essayé par hasard en overheads sur la batterie, et bien le résultat est pas mal du tout !

drum1Sur la batterie toujours, des peaux Aquarian Response 2 en frappe, la superkick 1 accompagnée de sa resonator pour la grosse caisse, le gate naturel Remo (Dave Weckl) sur la caisse claire … (une caisse claire en érable, un seul pli cintré et tourné dans le bois massif, fabriquée par Art Custom Drums). Avec le recul, je regrette de ne pas avoir mis des peaux simples et sablées sur les toms, le son aurait été plus ouvert.

La prise de son batterie reste moyenne à mon goût, mais c’est du en grande partie à la configuration de la pièce, pas assez de volume pour laisser respirer le son, et la prise de son caisse claire pas assez isolée pour le mixage. Ceci dit je cherchais un son « naturel » privilégiant les micros over-heads au reste.

Pour l’enregistrement de la guitare, Hubert (notre ancien guitariste) nous avait prêté pas mal de matos pour faire des essais (ampli, pédales etc …) Et oui, Cyril est un très bon guitariste, mais pas un mélomane du matos ! Suite à de nombreux essais, Cyril a préféré utiliser son ampli habituel, son Roland Cube 80, mais avec la célèbre pédale Ibanez Tube Screamer prêtée par Hubert à la place de la disto intégrée de l’ampli, trop typée numérique, trop compressée.

DSC_0031Pour la prise de son, un Senheiser e606 devant la membrane du haut parleur, et un micro Lem à environ 1m50 pour capter l’ambiance de la pièce, cela servira à grossir le son par la suite au mixage. Pour « gommer » l’effet transistor rendu par l’ampli, un insert dans le module Ampire de Studio One permettra d’apporter une couleur « tube », « vintage ».

DSC_0039A noter que sur la totalité de l’album, Cyril a utilisé une seule et même guitare : une Fender Stratocaster achetée d’occase, un peu destroy, mais qui sonne d’enfer, et surtout quand c’est lui qui la joue ! 🙂

Pour l’harmonica, Momone a réglé aux petits oignons son petit ampli tout lampe Ashdown, la prise de son étant également réalisée avec un e606 devant la membrane, et un Lem à 1m50 de l’ampli dans la pièce.

Pour la basse, la prise de son a été réalisée avec une prise directe sur la carte d’acquisition, et l’autre en sortie préampli du Roland Cube Basse 80 XL : on profite ainsi du son avec tous les effets habituels de Christophe, et du son direct de la basse au cas où … et heureusement qu’on a procédé ainsi car on a eu des soucis par la suite !

DSC_0036Et voilà : 16 pistes bien remplies : 1 voix pour le chant, 2 voies pour la basse, 2 voies pour la guitare, 2 voies pour l’harmonica, 9 voies pour la batterie !

Un soucis a été rencontré : mes cartes IEEE 1394 pilotant les Firepods ne sont pas équipées d’un chipset Texas Instrument, mais d’un chipset Via, et j’ai connu des soucis de déconnexion intempestives pendant certaines prises, il faut que je trouve une carte IEEE équipée d’un chipset Texas Instrument, solution préconisée par Presonus … à acheter quand on aura vendu suffisamment d’albums ! 🙂

L’enregistrement a été réalisé à la maison, pendant les vacances des enfants : ainsi la chambre de Matthias s’est transformée en cabine basse, le petit grenier en cabine guitare, la chambre de Lucille en cabine chant / harmonica, et le bureau de Cédric en cabine batterie + régie !

stud1Côté régie, l’acquisition s’est faite en direct sur les 2 Firepods, Studio One était configuré avec un routage des instruments / voix vers les sorties direct output branchées sur une table de mixage indépendante. Tous les effets étaient désactivés dans Studio One, et la latence réglée au minimum.

La table de mixage gérant les retours était reliée à un petit ampli casque à quatre sorties (15 € !…), et chaque musicien possédait ainsi le même retour casque … Configuration pas idéale dans l’absolu, car on ne pouvait pas personnaliser chaque retour à la demande du musicien, mais tout le monde s’entendait très bien et nous avons pu enregistrer dans de bonnes conditions. Si nous avions eu un deuxième guitariste ou clavier, nous aurions eu du mal à gérer ainsi les retours à cause du mélange des fréquences.

casque

Pour que ce soit plus pratique, j’avais installé un petit ordinateur portable près de la batterie, et avec le petit logiciel VNC, je prenais les commandes du « gros » PC à distance via le réseau de la Freebox … et oui, j’avais « tout compris » !

Bon, la difficulté restait quand même d’être musicien, et de gérer en même temps les machines, s’assurer après chaque prise qu’il n’y a pas eu d’incident, une piste qui sature etc … C’est là qu’on regrette la présence de l’ingé-son qui chouchoutte les musiciens …

Bref, après un dimanche après-midi d’installation, nous avons pu débuter l’enregistrement dès le Lundi matin … Épouse et enfants étant absents de ses lieux bruyants pendant la journée !!! 🙂

Episode 1/8 : introduction
Episode 2/8 : préparatifs de l’enregistrement
Episode 3/8 : premier jour d’enregistrement : 28 octobre 2013
Episode 4/8 : deuxième jour d’enregistrement : le 29 octobre
Episode 5/8 : troisième jour d’enregistrement : le 30 octobre
Episode 6/8 : l’étape la plus longue … le mixage …
Episode 7/8 : le mastering
Episode 8/8 : visuels et finalisation du projet